En dehors des clichés tant et tant répétés, les plages, le soleil, l’excellente nourriture, les fausses montres, la vie nocturne, la prostitution etc, la Thaïlande c’est beaucoup plus que ça. Et peu de vacanciers ont l’occasion de voir les côtés “thaïs” de la Thaïlande. C’est pour cela qu’avec la page “La Thaïlande autrement?”, je vais essayer de vous montrer d’autres facettes du pays en traitant de sujets dont vous n’avez peut-être jamais entendu parler comme la maison des esprits, le sepak takraw, les tatouages sacrés ou sak yant, le nouvel An thaï, Songkran, le Loy Krathong etc.
La maison aux Esprits


Il y en a partout en Thaïlande: devant les habitations, les commerces, les temples, le long de certaines routes, même devant des étendues de cultures.
Ces sont des maisons thaïes, miniaturisées et montées sur des piliers. Elles abritent les Seigneurs des lieux, les Chao Thi, les gardiens du sol, des champs, des arbres, des maisons etc. Ils protègent des esprits malveillants, les Phi, qui amènent malheur et désolation. Les Chao Thi sont représentés par des petites figurines à qui des offrandes sont faites tous les jours (nourriture, encens, fleurs) pour qu’ils apportent leur protection.
Avant les premiers coups de pelle lors de la construction d’une maison, une cérémonie est organisée afin de fixer l’esprit du lieu qui protègera les futures propriétaires.
La Maison aux Esprits est d’une richesse proportionnelle à la demeure qu’elle protège pour que le Chao Thi ne soit pas jaloux de l’humain. Ainsi, le propriétaire d’une demeure agrandie ou rénovée devra en faire de même avec sa Maison aux Esprits.
Cette pratique animiste ne rentre pas en conflit avec le bouddhisme, celui-ci n’ayant pu faire disparaître cette croyance, l’a récupérée en plaçant les Chao Thi à un niveau intermédiaire entre les hommes et les dieux.
En Thaïlande, la présence d’une maison aux Esprits (sanphraphum) est pratiquement obligatoire pour chaque construction privée ou publique. Dans le cas des bâtiments importants (banques, immeubles) elle est associée à un petit temple dédié à Brahma aux quatre visages. La maison des esprits doit être placée en hauteur, à l’extérieur du bâtiment, près de la porte principale, orientée au Nord ou faute de mieux au Sud. L’ombre du bâtiment ne doit pas la toucher. Dans ces conditions, et avec une attention régulière en offrandes et petites prières quotidiennes, le Chao Thi repoussera les Phi et même les voleurs.


Quand la maison est trop vieille, ou qu’une modification urbanistique modifie les propriétés, les maisons ne doivent pas être détruites, elles sont regroupées dans des lieux isolés et abandonnées pour ne pas laisser le génie sans demeure.
Autrefois construite artisanalement en bois à l’image de la maison thaïe traditionnelle, elle est maintenant produite en série, fabriquée en ciment et prend la forme d’une reproduction de temple.
Le Durian

Le durian (prononcez dourian) est un arbre tropical de la famille des Bombacaceae ou des Malvaceae qui produit des fruits comestibles du même nom. Récolté uniquement dans certains pays du sud-est asiatique et surnommé le “roi des fruits”, il se caractérise par sa taille, son odeur unique et une carapace épaisse couverte de grosses épines. Son poids peut varier entre 1 et 5 kg et sa taille moyenne est de 30 cm. de long et 15 cm de diamètre et de forme ovoïde.
Sa chair jaune comestible émet une odeur des plus particulières, à tel point qu’il est interdit dans de nombreux lieux publics comme les transports en commun et même dans les hôtels.
Il pousse dans des arbres qui peuvent atteindre 50 mètres de haut. Il existe une trentaine d’espèces différentes originaires du sud-est asiatique, dont au moins neuf produisent des fruits comestibles.
Le fruit, de couleur verdâtre, a besoin de trois mois pour mûrir. Sa couleur peut varier en fonction de l’espèce et tirer sur le brun, le jaune ou le rouge.
Une fois ouvert, on trouve 5 compartiments, chacun contenant jusqu’à 5 grosses graines noyées dans une pulpe crémeuse, onctueuse mais ferme, de couleur jaune/blanche et qui dégage une odeur…….pfffff !!!!!


Le durian est originaire d’Indonésie, de Malaisie et de Brunei. Il est cultivé dans des zones tropicales et cesse sa croissance si la température descend en dessous de 22°C. La plus grande diversité de durians se trouve sur les marchés locaux de l’île de Bornéo. On en trouve également aux Philippines, dans la région de Davao. Le festival de Kadayawan consacré au durian a lieu chaque année à Davao City.
La Thaïlande est devenue un des principaux exportateurs du fruit, avec 781 000 tonnes. La production mondiale s’élevait à 1 400 000 tonnes en 1999. La Malaisie et l’Indonésie produisent chacune 265 000 tonnes. Une production plus modeste se fait également dans d’autres pays comme le Cambodge, le Laos, le Vietnam, la Birmanie, l’Inde, le Sri Lanka, la Floride, Hawaii, la Nouvelle-Guinée Occidentale, la Polynésie, Madagascar, la Chine et l’Australie.
Son odeur peut être détectée à plus d’un kilomètre par des animaux comme les cochons, les écureuils, les éléphants qui apprécient ce fruit. Certains ne mangent que sa chair alors que d’autres avalent les graines qu’ils rejettent dans les excréments…..d’où, peut être, l’origine de son odeur !!!!! Arrivé à maturité, le fruit est donc mangé tel quel ou alors utilisé à la confection de glaces et de pâtisseries.
Selon l’espèce, on le cuisine de diverses façons : frit avec des oignons et du piment, ou ajouté au « sayur », une soupe de poisson indonésienne, monté en sauce pour accompagner « l’kan brengkes », un plat de poisson de Sumatra. Les durians de qualité inférieure sont utilisés à l’élaboration d’un curry ou en accompagnement de riz.
En Thaïlande, des briques de pâte de durian sont vendues sur les marchés. Le fruit, pas mûre, peut être cuisiné comme un légume.
Aux Philippines, il n’est utilisé que pour des préparations sucrées alors qu’en Malaisie, il est consommé dans des plats salés et sucrés.
Ses graines sont également comestibles : on peut les bouillir, les griller (et une fois pilées, elles servent à préparer des gâteaux), rôtir, frire dans de l’huile de noix de coco pour obtenir une texture ressemblant au taro.
A Java, les graines sont coupées en fines lamelles et cuisinées avec du sucre pour en faire des friandises crues, les graines sont toxiques et ne doivent pas être ingérées.
Les pétales des fleurs du durian sont consommées dans le nord de la province de Sumatra alors que les insulaires des Moluques utilisent sa carapace épineuse pour fumer les poissons.
Le durian se compose d’un fort taux de sucre, de graisse, de protéines et d’hydrates de carbone. Il est donc recommandé de ne pas en consommer trop, et par expérience, je peux vous dire, qu’une fois ingéré, on sent sa chaleur et sa lourdeur dans l’estomac.
Afin de contrecarrer cette chaleur dégagée, les locaux et la médecine chinoise traditionnelle conseillent de verser de l’eau dans la carcasse vide et de la boire. Une autre méthode consiste à manger du durian accompagné de mangoustans, fruits aux propriétés « refroidissantes ».
Il est déconseillé aux femmes enceintes et aux personnes dont la pression sanguine est trop élevée, de consommer du durian.
Une autre croyance dit qu’il est dangereux de manger du durian et de boire soit du café, soit des boissons alcoolisées, le mélange pouvant être lourd à digérer, étant donné la composition sulfurique du fruit qui empêche l’élimination des toxines du corps.
Les javanais pensent que le durian a des propriétés aphrodisiaques. Un proverbe dit : « le durian tombe (dans l’estomac) et le sarong se lève. »
Et une dernière chose, ne vous allongez jamais sous un arbre à durian pour une sieste bien méritée, car la chute de 25 mètres d’un durian de 3 Kg, bardé d’épines, serait encore plus difficile à digérer.
Bon appétit
Le Sepak Takraw
Le sepak takraw est un sport spectaculaire du sud-est asiatique, proche du volley-ball, sauf que l’on joue avec une balle en rotin et que l’utilisation des mains est interdite. C’est un sport très populaire en Malaisie, en Indonésie, aux Philippines, en Birmanie, au Vietnam, au Cambodge, au Laos et en Thaïlande, où il est le sport national avec la boxe thaïe ou Muay thaï.
“Sepak” vient du malais “donner un coup de pied” et “takraw”, qui vient du thaï, est
le nom de la balle utilisée pour ce sport. Cette dernière est faite d’une seule bande de rotin tressé, au diamètre de 15 cm. environ, pesant 180 gr.
Le terrain mesure 13,40 m. de long sur 6,10 m. de large et est séparé en deux par un filet d’une hauteur de 1,55 m.
Les équipes sont composées de 3 joueurs. Les passes, les « kicks » se font à l’aide surtout des pieds, mais également des genoux et de la tête. Trois passes sont autorisées soit entre eux, soit à soi-même avant de renvoyer la balle dans le camp adverse par une attaque voltige spectaculaire.
Il y a point lorsque la balle touche le sol, sort des limites du terrain ou lors d’une faute. Le matche se joue au meilleur des 3 sets en 21 points.




C’est un sport des plus spectaculaires, le « flyer », le joueur qui se trouve proche du filet, contre l’équipe adverse avec sa jambe à hauteur de filet ou même plus haut et surtout porte des attaques voltiges à couper le souffle afin de marquer des points. Si vous avez l’occasion, n’hésitez surtout pas à découvrir ce sport divertissant et surtout l’ambiance de folie autour du terrain.
Le calendrier thaï

Le calendrier thaï solaire, basé sur le calendrier Grégorien, fut adopté par le roi Chulalongkorn ou Rama V en 1888. Il est le calendrier officiel de la Thaïlande bien que les dates du calendrier lunaire soient encore utilisées.
Il débute lors du Maha-Pari-Nirvana, lorsque le Bouddha a quitté sa dépouille mortelle 543 ans avant J-C. De ce fait, l’année 2010 correspond à l’an 2553 ; calendrier encore utilisé sur de nombreux documents officiels comme les vignettes moto et voiture.
Chaque nom de mois correspond à un signe du zodiaque – commun aux astrologies orientales et occidentales. Ceux se terminant par “khom” ont 31 jours, et ceux finissant par “yom” en ont 30. Le mois de février “Gumpaa pan” échappe bien évidemment à la règle.
Parmi les dates importantes du calendrier thaïlandais, certaines font référence aux grands évènements du bouddhisme qui suivent le rythme des lunaisons (et par conséquent leurs jours fériés leur correspondant sont décalés chaque année en raison d’un rythme lunaire irrégulier.), à ceux de la dynastie actuelle des Chakri (et donc naturellement au couple royal) et bien sûr aux «échéances» internationales.
| Les mois Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre |
Thaï มกราคม กุมภาพันธ์ มีนาคม เมษายน พฤษภาคม มิถุนายน กรกฎาคม สิงหาคม กันยายน ตุลาคม พฤศจิกายน ธันวาคม |
Traduction mokarakhom kumphaphan minakhom mesayon phruetsaphakhom mithunayon karakadakhom singhakhom kanyayon tulakhom phruetsachigayon thanwakhom |
Zodiac Capricorn Verseau Poisson Bélier Taureau Gémeaux Cancer Lion Vierge Balance Scorpion Sagittaire |

Les chiffres en rouge indiquent les dimanches et jours fériés
Le Bouddha Rouge indique les Sabbats Thaïs ou Wan Phra (วันพระ.)
La plaquette rouge avec les caractères chinois marque la nouvelle et la pleine lune du calendrier chinois
Les chiffres griffonés en bleu (le 078 le 15) indiquent les tirages de la loterie nationale.
Les jours de la semaine sont nommés en fonction de la lune, du soleil et des noms Sanskrit des planètes.
| Jour Dimanche Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi |
Couleur Rouge Jaune Rose Vert Orange Bleu Pourpre |
Traduction wan athit wan chan wan angkha wan phut wanpareuat wan suk wan sao |
Planète Soleil Lune Mars Mercure Jupiter Vénus Saturne |
Note: Chaque jour a sa couleur porte-bonheur. Dans les administrations, les employés portent souvent du jaune le lundi, d’autant plus que c’est le jour de naissance du Roi.
Les fruits thaïs
Trois dossier PDF sont disponibles à ce sujet
Loy Krathong
La nuit de pleine lune lors du douzième mois lunaire (novembre) , la marée des rivières est à son plus haut niveau et la lune la plus brillante. C’est en cette nuit que l’on fête le Loy Krathong ou “festival des lumières”, événement le plus célébré dans le pays. Elle est certainement la plus originale , la plus pittoresque et la plus belle des célébrations thaïlandaises.

“Loy” signifie littéralement flotter et “Krathong” se réfère au “bateau” en forme de feuille de lotus que l’on met à l’eau. A l’origine, le “krathong” était fait de feuilles de bananiers ou d’écorce de tronc du même arbre. Un “krathong” emmène avec lui de la nourriture, des noix de bétel, des fleurs, une bougie, des pièces de monnaie, des bâtons d’encens etc.
Le rituel du Loy Kratong est des plus simples: il suffit d’allumer la bougie, les bâtons d’encens, faire un voeu et de le mettre à l’eau, sur une rivière ou sur un canal. On assiste alors à un spectacle magnifique de centaines de Krathong filant le long du courant, des centaines de gens les yeux fixés sur leur bougie allumée, en espérant que cette dernière dure le plus longtemps possible, sa flamme étant synonyme de longévité. C’est également une nuit romantique pour les amoureux. Un couple mettant un “Krathong” à l’eau est appelé à rester uni dans le futur.
Origines
Il y a plusieurs versions sur son origine. La plus populaire nous dit que c’était une expression de gratitude envers la déesse des eaux ‘Phra Mae Kongka’ pour la remercier de son apport comme moyen de subsistance dans la vie de tous les jours.
Une autre version dit que son origine est bouddhiste. L’offrande de fleurs, de bougies et de bâtons d’encens est un hommage rendu à la trace de pied laissé par Bouddha sur la plage de sable de la rivière Narmaha en Inde. Quelque soit son origine, la célébration du Loy Krathong a débuté lors de l’ancien royaume de Sukhothaï au XIII ème siècle. On dit qu’une jeune reine, Nang Noppamas, aurait fabriqué le premier krathong. Depuis son nom est associé au festival.

Où célébrer?
Bien que ce festival soit célébré partout en Thaïlande, les plus beaux endroits où le fêter sont Sukhothaï, Chiang Maï, Ayutthaya et Bangkok.
A Phuket, le petit lac au Nord de la plage de Karon est l’endroit le plus populaire pour cet événement. Une sorte de foire y est organisée avec de nombreux stands de nourriture, de souvenirs, d’habits, sans oublier les vendeurs de “Khom Loy” ou lanternes volantes (afin de faire partir tous ses malheurs) qui font également partie de la fête.
Les “whisky” thaïs
Le SangSom
Le SangSom, appelé whisky, est en fait un rhum faisant 40% en teneur alcoolique.
Il fut introduit sur le marché en 1977 et est devenu l’alcool le plus vendu dans le pays avec environ 70 millions de litres chaque année. Bien que plus connu sous le nom de « whisky thaï », il est produit à partir d’un mélange de différents rhums âgés en fûts de chênes pendant 3-5 années.
Il est ensuite mélangé à un concentré d’herbes et d’épices qui donnent au SangSom son goût et son arôme bien particuliers.
Cette fragrance des plus uniques en fait un rhum idéal à mélanger avec des jus de fruits, des boissons gazeuses ou à l’élaboration de délicieux cocktails.
Il est également l’ingrédient essentiel des « buckets » (ou seau) que l’on trouve lors de soirées organisées principalement sur les plages ou lors d’animations en extérieur. Les autres ingrédients étant des glaçons, du Coca Cola, de l’eau gazeuse (ou soda water), du Red Bull…et des pailles.


Le Mekhong
Le Mekhong est le premier alcool local produit en Thaïlande. Il apparaît et 1941 et devient vite très populaire. Son nom a pour origine la dispute qui régnait à l’époque entre la France et le Laos, le long de la frontière du Mékong.
Il fut fabriqué par James Honzatko, un homme d’affaire et brasseur passionné puis reprit par son ami Peter Sawer, à la mort de Honzatko, qui fut responsable de sa production de masse. Bien que connu son le nom de whisky, le Mhekong est plus proche du rhum car composé de 90% de sucre de canne et de 5% de riz.
A ce mélange est ensuite ajouté une concoction d’herbes et d’épices. Son taux d’alcool est de 35% et il est un ingrédient non négligeable pour de délicieux cocktails comme le « Sabaï Sabaï », un drink de bienvenue.
Comparativement au SangSom, le Mekhong est légèrement moins cher et son goût mon prononcé.

Le Lao Kao
Le Lao Kao est un whisky thaï fait à base de riz gluant fermenté qui est distillé. Il provient surtout des régions rurales du nord-est de la Thaïlande, ou Isan. A boire avec modération car mélangé avec du M150 (ou Red Bull), on dit qu’il pourrait servir d’essence aux motos taxi.
Le muay thaï ou boxe thaïe
Le Muay Thaï est intimement lié à l’histoire de la Thaïlande, en raison de l’invasion perpétuelle de cette dernière par ses pays voisins au temps où elle se formait ; les Thaïlandais comptant sur leur capacité à se défendre. Au début, seules les armes de poings tels que lances, piques, bâtons étaient utilisées pour se défendre. Puis les méthodes de combats ont évolué et lors de corps à corps, les armes naturelles comme la tête, les poings, les coudes et les pieds sont devenus nécessaires. Ce furent les premiers pas de la boxe thaïlandaise.


Il existe peu de documents écrits portant sur l’histoire du muay thaï avant le XXe siècle. Son histoire et son évolution se transmettant de manière orale, il est difficile de rapporter des faits véridiques. Mais même en temps de paix, les techniques d’auto-défense ont toujours été d’une grande importance aux yeux des dirigeants militaires thaïlandais et de la monarchie ; on est donc certain que les techniques de la boxe thaïlandaises remontent au moins à la période Sukhothai (1238 – 1377). Au nord de Bangkok, l’ancienne capitale du royaume, Ayutthaya, des gardes d’élite ont été formé afin de protéger le roi. En dehors d’être un art de défense, le muay thaï devient peu à peu un sport qui attire les spectateurs qui viennent se divertir. Différentes techniques apparaissent en fonction des provinces : par exemple, les combattants du sud (Surat Thani) sont reconnus pour utiliser leur intelligence afin de créer une stratégie de combat.


Lors des premières compétitions de boxe, on se battait poings nus. On se battait contre qui le voulait, il n’y avait pas de catégories de poids. Parfois un boxeur ayant gagné quelques combats à la suite, affrontait plusieurs autres boxeurs, les uns après les autres. Il n’y avait pas vraiment de règles. La tête étant utilisée comme arme, l’aine comme cible. Un simple morceau de terrain servait de ring. On divisa ensuite le combat en plusieurs rounds, la durée de chaque round étant calculée avec une noix de coco percée d’un trou en son fond et submergée dans l’eau. Une fois la noix remplie, le round se terminait. Ecorce d’arbre, coquillages servaient à se protéger le bas-ventre.


Lors de l’ère Ayutthaya, fut introduit le « Muay Kaad Chuek », un emballage de chanvre afin de protéger doigts et poignets. Son utilisation se propagea rapidement car on découvrit qu’un poing bandé est plus fort et mieux protégé que non bandé. Certains boxeur plongeaient leurs poings dans l’eau avant le combat car en séchant le chanvre devenait plus dur et faisait donc plus de dégâts.
Les premiers équipements à l’entraînement se trouvaient dans la nature même : les troncs spongieux des bananiers étaient utilisés pour les coups de pieds, les noix de coco flottantes comme cibles et des citrons suspendus idéal pour travailler les punchs et les évitements.
Avec l’ascension sur le trône du Roi Chulalongkorn (Rama V), en 1868, la Thaïlande entra dans sa période d’âge d’or et de grandes réformes qui mirent le pays sur la voie de devenir une société moderne. Le roi Rama V construisit des routes reliant la capitale, ce qui permit aux boxeurs qui avaient fait leurs preuves dans leurs provinces, de venir en découdre à Bangkok.


En 1920, le roi Rama VI fit construire la première arène de boxe permanente à Suam Gularb et organisa le premier tournoi de muay thaï qui rassembla boxeurs thaïs et étrangers. Le ring était fait de planches de bois et des roseaux servaient de cordes. Les rounds étaient mesurés en minutes et il y avait un arbitre.
Jusqu’en 1920 le Kaad Chuek était toujours en usage. Mais les gants furent introduits lors du décès sur le ring de l’aréna Lak Muang, du boxeur Jia Kaegkhmen en combattant Pae Lieng Prasert. Dès lors, ce sport pris officiellement le nom de Muay Thaï et jusqu’en 1950, il se développa sur de nombreux points : des clubs furent créés, les entrainements utilisaient du matériel moderne, des règles, des classements, des catégories furent instaurés pour devenir ce qu’il est aujourd’hui, à savoir un sport populaire et un passe-temps. Les arènes de muay thaï de Rajadamnoen et de Lumpinee ont été construits et sont aujourd’hui les lieux sacro-saints de la boxe thaïe où il faut gagner au moins une fois pour être reconnus nationalement.
De nos jours, la boxe thaïe est toujours un moyen pour les jeunes issus d’un milieu défavorisé pour essayer de s’en sortir. Les sommes mises en jeu à chaque combat sont importantes. Vous n’avez qu’à vous rendre dans un village, un après-midi de combat, et vous verrez 90% de ses habitants assis autour du seul poste de télévision du coin. Mais le mieux est d’assister à un combat, dans l’arène même, non seulement pour admirer la technique des boxeurs et leurs aptitudes à encaisser des coups à assommer un bœuf mais également afin de s’imprégner de la frénésie du moment, du bruit, de la musique, des odeurs et de toute cette animation virevoltante, en grande partie due aux sommes d’argent misées lors de paris.
CROYANCES ET SUPERSTITIONS
Dans la Thailande en voie de développement, ou déjà développée, c’est selon, existe une autre Thaïlande, ancienne, profondément religieuse et superstitieuse, où les croyances populaires, bouddhisme, superstitions et croyances occultes cohabitent en parfaite harmonie. En voici quelques exemples.
Chaque année, une cérémonie mystique des Sak Yant a lieu, durant laquelle, les “tatoués” réactivent les pouvoirs magiques de leurs tatouages par des prières, des transes, durant lesquelles, ils imitent la démarche, l’attitude d’une des figures représentées par un des tatouages: les hommes deviennent tigre, oiseau, hermite ou singe.
Ce rituel n’est qu’un exemple parmi tant d’autres sur l’importance accordée aux superstitions par les Thaïlandais. Pratiques occultes, croyances dans les esprits (venez faire un tout à Phuket lors du festival végétarien pour vous en rendre compte), fantômes peuplent l’imaginaire et font partie de la vie de tous les jours. (Peu de temps après le tsunami, nombreux sont les thaïlandais qui ne voulaient plus se baigner à la mer, en raison des fantômes des victimes emportées).


Les Sak Yant sont des tatouages magiques que l’on se fait sur les épaules, le dos, la nuque, parfois même le crâne. Ils représentent des animaux (tigres, singes, serpents etc.), des personnages mythologiques accompagnés de symboles mystiques. Au départ, ils sont censés protégés contre les balles et les agressions ; de nos jours, on se tatoue pour d’autres raisons plus matérielles: “puissance”, “richesse”, “prospérité dans les affaires” etc.


Les rituels de protection sont nombreux: on consulte des bonzes afin de se procurer des formules magiques, on porte des amulettes religieuses.
On utilise également la magie pour gagner à la loterie : on frotte les arbres magiques pour y voir les bons numéros, on trouve la combinaison gagnante dans les rêves, on pense même que les somnambules, lors de leur marche nocturne, auraient la combinaison gagnante.


L’astrologie et les diseurs de bonne aventure ont également leurs places dans la vie de tous les jours. On consulte pour tout et n’importe quoi: avant de prendre une décision importante, lors d’un changement de maison, avant un rendez-vous galant, même avant d’aller chez le coiffeur.
Le jour de la semaine où vous êtes nés est également important: on ne fait pas n’importe quoi, n’importe quand.
On consulte un astrologue lorsque l’on veut choisir le prénom de son enfant: beaucoup de gens croient que le prénom est lié à la richesse. On lui donnera un surnom par lequel il sera appelé afin de tromper les mauvais esprits qui auraient un oeil sur l’enfant si il était appelé par son véritable prénom.
Lors de la construction d’une nouvelle maison, on fait appel à un moine, tout d’abord afin de reloger l’esprit du terrain où sera construit la maison mais également pour déterminer le jour des premiers travaux.
Les chiffres ont également leurs importances, plus particulièrement les impairs comme le 3 et surtout le 9.
Pour terminer, une liste de certaines superstitions thaïes dans la vie de tous les jours.
- Balayer la nuit porte malchance.
- Ne pas nettoyer les toiles d’araignées la nuit, vous y perdrez votre argent.
- Ne pas ouvrir un parapluie dans la maison, on finirait chauve.
- Ne pas manger un bonbon qui est tombé sur le sol ; il appartient désormais au fantôme.
- Ne pas garder des représentations du Bouddha détériorées dans la maison ; cela portera malheur à la famille.
- Ne pas raconter ses cauchemars lors du repas ; ils se réaliseront.
- Jetez quelque chose sur votre toit apporte le malheur.

